paroles d'expert

Yin ? Yang ? So Yang ! Par Véronique LEMOINE, de l'Ecole des Cognacs


A première vue (à premier nez), en dégustant So Yang, nouvelle boisson que sa conceptrice revendique comme un thé au Cognac plus qu'un Cognac au thé, on pourrait croire qu'elle est composée de thé vert, de pêche de vigne et d'une jeune eau de vie de Cognac. Erreur. Dans So Yang, ne pas oublier le fruit de la passion.

 

Car la passion, c’est bien le moteur de Claire Coates

So Yang, l'apéritif festif


Lorsqu'on interroge Claire Coates sur la naissance de So Yang, on aurait pu s'attendre à ce que l'ancienne Responsable communication du BNIC, qui a sillonné la planète inlassablement pendant 20 ans pour porter l'image - et le goût- des Cognacs, réponde par « identification de cible » ou autre « marché de niche ». Mais non, derrière le sourire et le regard limpide qui se perd vers l'horizon, on sent que c'est avant tout l'amour des produits et de leur élégance, autant que la revendication de féminité, qui ont débouché sur la volonté de créer So Yang.

Un produit relativement doux dans notre monde de spiritueux (18% d'alcool), délibérément destiné aux femmes et qui jette des ponts vers un autre univers tout aussi noble que celui des Cognacs, riche de saveurs de traditions : celui des thés.

Pour la création de So Yang, Claire Coates a travaillé avec deux nez : un maître de chai, ce qui est assez classique en cognaçais, mais aussi un maître de thé...ce qui, on en conviendra, est nettement plus original. Les deux pères de l'assemblage sont Jacques Petit, bouilleur de cru à Berneuil et Gilles Brochard, co-fondateur de l'Association des Buveurs de Thé, animateur d'ateliers et séminaires sur le thé, journaliste et écrivain, auteur de multiples ouvrages sur le sujet (dont le superbe autant que délicieux petit coffret « La boîte à thé » aux éditions Tana). Pour le « flaconnage », Claire Coates s'est inspirée de l'univers des parfums : elle décrit avec humour sa déambulation dans les parfumeries pour choisir « sa » forme de bouteille.

J'ai goûté une version test de So Yang sur glace, la senteur de pêche est bien marquée, pêche de vigne en effet, hésitant entre fleur et fruit blanc ...ma foi assez agréable à l'heure de l'apéritif !

Seule question insidieuse qui me trotte dans la tête : pourquoi une boisson qui s'affiche si «yin » (frais / humide /féminin) se proclame-t-elle So Yang (chaleur/sec/masculin) ? Mystère tout asiatique....Prenez-la de fait comme un harmonieux compromis de Yin et de Yang, la sécheresse et le feu du cognac se mêlant à la douceur de la pêche et au froid de la glace...une boisson pour taoïste ?

Véronique LEMOINE de l'Ecole des Cognacs

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